Jean-Félix Fayolle
Barrios Potosinos
Dans les quartiers de San Luis Potosi, Mexique

Ce reportage, intitulé « Barrios Potosinos », présente deux quartiers de San Luis Potosi, ville d’un million d’habitants dans le centre-nord du Mexique. Ces photos, prises entre 2007 et 2013, montrent certaines réalités de vies, telles que la vie nocturne, la religion, les victimes du narcotrafic, le sport…

 

Pendant ces sept années, le contexte a beaucoup évolué à San Luis Potosi. En 2008, le cartel des Zetas a pris le contrôle de la ville, puis en 2010, c’est le Cartel du Golf qui a voulu disputer sa part de marché et il domine depuis peu l’ensemble de la cité. L’impact de ces guerres d’influences est considérable dans les quartiers populaires et sur les jeunes, qui parfois n’ont d’autre choix que de travailler « pour les mauvais » afin de survivre... 

 

Cette tranche de la population est fortement discriminée, du fait d’être pauvre, jeune, de ne pas étudier, d’avoir des tatouages ou encore de consommer de la drogue. Ils sont pourtant Mexicains comme les autres. Ce reportage veut aussi qu’on ne les oublie pas, même si cela peut en déranger plus d’un…

 

Dans mon travail en milieu urbain, je fais en sorte de montrer une réalité bien présente, mais souvent oubliée ou mise de côté, comme c’est le cas ici au Mexique. Valoriser des personnes trop souvent stigmatisées, expliquer leurs réalités de vie pour mieux les comprendre, tel est mon objectif.

 

Un reportage plus large est disponible sur le site

www.jeanfelix-fayolle.com 

© Jean-Félix Fayolle

© Jean-Félix Fayolle

© Jean-Félix Fayolle

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J’ai découvert le Mexique à la fin de l’été 2006 lors d’un échange d’un an avec l’Université de Nantes. J’étais alors étudiant en troisième année de Langues Étrangères Appliquées au commerce international. J’allais passer un an à San Luis Potosi, ville d’un million d’habitants à 420 km au nord de la ville de Mexico.

 

Je suis arrivé dans le quartier de Pavon en périphérie de San Luis Potosi où El Olmeka m’a prêté une maison familiale inoccupée pendant toute la durée de mon séjour. J’étais peut-être loin de l’université, mais je ne payais pas de loyer. J’ai été immédiatement sensible à la vie bouillonnante de ce quartier et à la générosité de ses habitants. Étant originaire du monde rural, c’était un milieu que je découvrais totalement.

 

Il n’est pas courant de voir un Français débarquer dans ce genre de quartier où même les Mexicains hésitent à mettre les pieds. Pavon, c’est un quartier chaud et redouté pour sa violence et sa criminalité. J’ai mis un peu de temps à m’habituer et à m’intégrer, mais à la fin de l’année, j’étais comme un poisson dans l’eau.

 

J’ai d’abord rencontré une bande du centre-ville, Los Tropilocos, alors que je photographiais des maisons abandonnées. Les cinq jours de marche avec la bande pour aller rendre hommage à la Vierge de San Juan de los Lagos m’ont permis d’être complètement accepté par eux et d’apprendre les codes de la vie de quartier. Cela m’a donné confiance et envie d’aller rencontrer les différentes bandes de Pavon. Los Patos, la Clika, los Monjes, los Pots, los NSE, tous m’ont accueilli à bras ouverts.

 

Après l’obtention de ma licence, j’ai décidé de laisser définitivement de côté le commerce pour me consacrer à la photographie sociale. J’ai pu monter différents autres projets dans ces quartiers, que ce soit la poursuite de reportages à différents moments de l’année, la mise en place d’ateliers photo avec les jeunes du quartier ou encore un échange interculturel avec des jeunes d’un quartier de Nantes. 

 

Mon objectif est de continuer à retourner régulièrement dans ces quartiers pour documenter les évolutions. Ces dernières années, la vie des bandes a été très influencée par l’explosion de la violence liée au narcotrafic.

Biographie

 

Jean-Félix Fayolle a aujourd’hui trente ans. Il est originaire d’une petite commune de Loire-Atlantique et vit à Nantes. Il a depuis toujours été motivé par les voyages pour découvrir des cultures et des modes de vie différents.

 

Après le bac, il est allé vivre un an en Allemagne, puis a commencé des études de commerce international. Après un BTS à Nantes, il retourne un an en Allemagne pour une année d’échange Erasmus. Il intègre ensuite une licence de LEA (Langues Etrangères Appliquées) à Nantes et termine ses études à San Luis Potosi au Mexique.

 

Son intérêt pour la photographie s’est affiné au cours de ses différents voyages et séjours à l’étranger, mais c’est au Mexique qu’il débute son travail autour de l’humain dans les quartiers populaires.

 

Il continue à Grenoble avec un Service Civique Volontaire à Unis-Cité pour mieux comprendre les réalités de vie d’un milieu populaire français avec une immersion dans le quartier de la Villeneuve. 

 

Il crée ensuite son premier projet « Fotomexcabia » consistant à aller à la rencontre des jeunes dans les quartiers populaires et communautés indigènes du Mexique à la Colombie. Il consolide les liens créés avec plusieurs bandes au nord du Mexique, fait la connaissance de la Mara 18 en Amérique Centrale et de bandes à Medellin.

 

Après des expositions aux quatre coins de la France (Grenoble, Lyon, Paris, Bordeaux, Nantes, région marseillaise), il travaille pendant neuf mois à Paris pour le photographe Reza en tant que responsable des expositions et des conférences. Il retourne ensuite à El Salvador et au Mexique pour y organiser des ateliers de formation à la photo pour des jeunes de quartiers.

 

Il travaille pendant près de trois ans en tant que chargé de projets et photographe pour l’association Kouakilariv’ à Nantes. Il organise un atelier photo interculturel entre des jeunes du quartier nantais de Malakoff et de sa commune d’origine. Il réalise différents reportages sur ce même territoire et met en place un échange international entre des jeunes de Malakoff et des quartiers mexicains qu’il fréquente.

 

Jean-Félix travaille aujourd’hui en tant que photographe indépendant et entend bien continuer à approfondir son travail auprès des jeunes des quartiers populaires à travers le monde. 

 

En 2014, avec le photographe Jérémie Lusseau, ils fondent le collectif de photographes « Iris-Pictures ».

 

 

Sites :

 

www.jeanfelix-fayolle.com

 

www.iris-pictures.com

 

www.kouakilariv.org